« Nous en avons assez du greenwashing, nous voulons du concret »

Mars 2022

C'est en tant que directeur exécutif développement durable et innovation que Ramesh Caussy, fondateur de Partnering Robotics, a rejoint le groupe Kardham en février dernier. Ce militant, dont les solutions ont été classées COP21, a pour objectif d'accélérer le développement d'un groupe qui se rêve en leader européen de la décarbonation. « Nous ne pouvons pas rester au stade des incantations », affirme-t-il, convaincu et convaincant.

Propos recueillis par Benoît Léger, Journaliste Business Immo.

Quelles sont vos missions chez Kardham ?
Elles sont au nombre de trois. Kardham est une jeune ETI française qui veut être un leader européen de la décarbonation. C’est une belle ambition. D’où l’importance de mener en parallèle ces trois missions. La première ? Développer de nouveaux services et produits au sein du groupe. Nous entrons dans un monde où le développement durable et l’innovation ont — ou auront — un rôle clé afin d’apporter des réponses à certaines problématiques de la société : décarboniser, mieux gérer l’énergie ou encore imaginer des villes qui s’inscrivent dans un contexte de développement durable. Nous ne pouvons pas rester au stade des incantations. Le conflit en Ukraine cannibalise l’attention, et c’est tout à fait normal, mais le 28 février dernier les experts scientifiques du Giec ont souligné, une fois de plus, les effets irréversibles de nos actes sur la planète. Le temps que nous laissons passer est perdu pour tout le monde : la planète, les sociétés, les possibilités de développement ou de création de richesses, etc. Chez Kardham, nous nous sommes donnés pour objectif de créer de nouveaux produits et services, qui sont de bonnes unités de mesure. 

Autre mission : positionner le groupe dans cette compétition aux nouveaux espaces, modernes, hybrides, sains, décarbonés. Imaginer des produits disruptifs, qui font appel à l’intelligence artificielle, apporter des services et du bien-être au sein des bâtiments : tel est mon leitmotiv depuis 15 ans maintenant. Aujourd’hui, Kardham a besoin d’une voix authentique et militante — mes solutions ont été classées COP21 — pour positionner son discours. Et pour cause : nous en avons assez du greenwashing, de ces promesses qui ne sont jamais tenues. Nous voulons du concret. 

Qui dit concret, dit simplicité, non ?
Forcément. Aujourd’hui, nos interrogations restent parfois sans réponse. Voilà pourquoi nous devons nous appuyer sur ce que nous savons, utiliser les outils existants que nous n’avons pas pu ou su mettre en oeuvre — il faut parfois savoir balayer devant sa porte. Mais il faut également se diriger vers une architecture d’actions plus structurée, qui permettra d’avoir un impact supérieur.

Quels sont, à vos yeux, les outils existants auxquels les acteurs de la filière devraient recourir en nombre ?
Réduire le carbone au maximum est une priorité. Seulement, vivre, c’est produire du carbone. D’où l’importance de bien positionner les curseurs. Compenser, s’acheter une conscience avec des bons qui nous permettent de polluer… Déjà, prenons de bonnes décisions : cela passe par une meilleure gestion de l’énergie ou encore par une utilisation de matériaux raisonnés. Est-ce nécessaire que certaines tours restent allumées en pleine nuit ? Cela commence par là. Derrière, il y a les nouvelles technologies. Aller plus loin en matière d'IA, d’innovations digitales, peut également nous permettre de faire rapidement des différences.

Cette prise de conscience semble être générale. Seulement, aujourd’hui, le business model des entreprises est-il adapté ?
Pour certains, oui. Pour d’autres, non. C’est pourquoi les choix doivent être raisonnés, à l’instar du business model financier adopté. Il faut également que nos clients comprennent les enjeux. L’effort doit être collectif.

Quid de la dernière de vos trois missions chez Kardham ?
Elle est liée à la RSE, à la qualité de vie au travail. Une entreprise se doit de donner l’exemple, en interne, d’adopter les bons gestes, les bonnes certifications. Il y a donc tout un travail de fond à mener pour que l’organisation se prépare à développer des services et des offres durables. Si le groupe Kardham fait des efforts, il peut entraîner dans son sillage ses clients.

Selon vous, quelle est la priorité ?
Kardham est un groupe assez unique. Il intègre l’ensemble des compétences métiers de la chaîne de valeur de l’immobilier professionnel : conseil, architecture, design d'espaces, ingénierie, digital. Il nous faut bâtir une histoire entre ses différentes composantes, aussi importantes les unes que les autres, pour avoir un impact sur le marché et développer des espaces de vie durables, sains et innovants.

Vous avez précédemment fondé la société Partnering Robotics qui, comme son nom l’indique, a fait de la robotique sa marque de fabrique : est-ce à dire que ces objets sont l’avenir des immeubles de demain ?
Ma fille, à sa naissance, était asthmatique. Je me suis donc intéressé à la qualité de l’air, au bien-être. Je suis originaire de l’Île Maurice, dont les plages, et plus encore, pourraient disparaître si nous ne faisons rien à court terme. Bref, j’ai des convictions et je cherchais une entreprise avec des marges de liberté afin de pouvoir créer. Les robots feront partie du monde de demain, à tout le moins les innovations, qui doivent intégrer l’équation, à mesure qu’elles ont été testées et qu’elles contribuent à l’environnement. Le marché commence à s’ouvrir, qui plus est après cette période de Covid-19. L’élan est là. À Kardham de proposer et de faire accepter ces nouveautés.

Vos contacts

Nathalie Neyret

Nathalie Neyret

Directeur Marketing & Communication

+33 6 37 68 50 99

nneyret@kardham.com