2022, l'année de généralisation du BIM ?

Avril 2022

Sept ans après la création du PTNB, la démarche BIM (Building Information Modeling) a été largement déployée au sein de la filière immobilière. Sans être une obligation règlementaire, elle devient pro.

Article de José Antonio Cuba Segura, Directeur BIM & Smart Building Kardham paru au Journal du Net.

Une filière convaincue de l'utilité du BIM

Depuis la publication le 26 janvier 2014 de la directive 1424 par le Parlement européen, l’adoption de la méthodologie BIM a été massive et globale. Si elle ne constitue en aucun cas une obligation réglementaire, force est de constater qu’elle s’est largement développée dans toute la filière du bâtiment, de la construction individuelle au tertiaire. Ainsi, selon l’édition 2021 du « Baromètre sur l’usage du numérique et du BIM par les professionnels de la construction » publiée par le Plan BIM 2022, 48% des acteurs du bâtiment considèrent que le BIM est un enjeu stratégique pour leur activité et 66% des entreprises qui travaillent en BIM sont convaincues de son utilité. Elle le sera d’autant plus dans les années à venir avec la mise en œuvre de la règlementation RE2020 qui incite les professionnels à renforcer le pilotage de la performance énergétique de leur patrimoine.

Nécessaire transformation des pratiques et frilosité des maîtres d'ouvrage

Si le BIM tend à se généraliser au sein des différents métiers de la construction et a su s’adapter aux contraintes des maîtres d’ouvrage, certains freins subsistent néanmoins. Le premier est lié au changement des pratiques. En effet, si la dimension collaborative et la continuité de l’information constituent les fondements mêmes de la démarche BIM, et intégrer cette dernière implique nécessairement une transformation des pratiques et des manières de gérer l’acte de bâtir. Transmettre des données structurées d’un acteur à un autre n’est pas encore devenu naturel, chaque acteur ayant tendance à se concentrer sur son seul périmètre d’activité. Pourtant, les retours d’expérience montrent clairement que les équipes ayant tiré le plus de bénéfices du BIM sont celles qui ont fait évoluer leur pratique professionnelle pour adopter la démarche de façon systémique.

La frilosité des maîtres d’ouvrage est le second frein au développement du BIM : toujours selon le baromètre, 60% des entreprises considèrent en effet qu’il y a un manque de demande de la part des clients. Cette réticence s’explique par l’effort financier et organisationnel que le maître d’ouvrage, qu’il soit public ou privé, doit consentir pour se lancer dans la démarche. La capacité à mobiliser les équipes pour travailler en BIM est donc une condition essentielle de sa réussite.

Un levier économique et environnemental indéniable

Les premiers retours d’expérience démontrent que la démarche BIM offre une valeur ajoutée significative en matière de réduction des coûts, de la phase de conception à celle de l’exploitation de l’ouvrage. Le premier bénéfice étant d’avoir une meilleure connaissance des infrastructures existantes. Une maquette numérique renseignée du bâtiment et l’automatisation des données permettent en effet de réduire les coûts de relevés mais aussi de faciliter l’étude de la conception des aménagements. Au niveau de l’exploitation, la connaissance précise de l’ouvrage accélère nettement les temps d’intervention des travaux de maintenance du bâtiment, améliorant, par conséquent, la satisfaction de ses utilisateurs. En exploitant ces données numériques, le maître d’ouvrage peut ainsi réduire le temps et le coût d’inutilisation de ses bâtiments et mieux gérer l’évolution de son patrimoine. Enfin, sur le plan environnemental, la démarche BIM contribue à un meilleur pilotage énergétique des bâtiments : en fournissant des données sur l’état de l’ensemble des composants de l’ouvrage, la maquette numérique permet de connaître et de monitorer le bilan carbone du bâtiment dans sa globalité. L’utilisation de ces bases de données permettra ainsi d’accélérer les simulations environnementales, dans la perspective de l’amélioration du pilotage énergétique exigée par la RE2020.

Au final, la démarche BIM peut s’avérer être un levier performant pour accélérer les interventions de maintenance, suivre l’évolution de son patrimoine et renforcer le pilotage énergétique des ouvrages. Elle fait désormais partie de l’activité des acteurs de la filière immobilière et des maîtres d’ouvrage qui l’intègrent davantage, comme en témoignent les nouveaux CCAG des marchés publics publiées le 30 mars 2021. Pour autant, on évitera de « faire du BIM pour faire du BIM » : implémenter la démarche nécessite une réelle réflexion stratégique en amont, nécessaire pour bien définir les enjeux, les objectifs et en tirer des cas d’usages concrets.

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Nathalie Neyret

Nathalie Neyret

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