In Interiors – 5 tendances au bureau pour 2020

janvier 2020

Par Marc Bertier, Workplace Strategist chez Kardham. 2019 a été une année riche en évènements sociétaux et environnementaux. La manière dont les entreprises et les collaborateurs les ont reçus pose cinq axes de réflexion pour 2020.

Un bureau inclusif. Les grèves dans les transports rappellent ce rôle de l’espace de travail. Les collaborateurs y sont en quête de sociabilisation, d’appartenance et de reconnaissance. La pause-café en est le moment par excellence. C’est le moment d’intégration à l’équipe pour 67% des collaborateurs[1]. Si la majorité (92%) sont prises avec des proches, c’est aussi un moment d’échange avec des personnes moins connues (63%) ou avec son manager ; notamment pour obtenir un retour sur sa situation personnelle (54%) ou son travail (53%). Les millenials, qui sont maintenant trentenaires, sont plus les politiques autour du café. Ils sont 44% à y avoir obtenu une information croustillante et 12% un dossier ; contre respectivement 27% et 7% des 35 ans et plus.

 

Un bureau ergonomique. De retour au bureau, les collaborateurs attendent un cadre adapté au travail. De profiter de postes ergonomiques et de ne plus subir la table de cuisine. De ne pas être dérangé par un compagnon retraité qui regarde la télévision.  De pouvoir utiliser un second écran, imprimer un document ou accéder à du matériel spécifique, etc. Par leur absence, ces basiques se rappellent à notre souvenir et nuancent les injonctions au « bureau comme à la maison ». Un bureau attractif est plus qu’un lieu où l’on se sent bien, c’est un lieu où l’on peut travailler confortablement. La pensée biophilique va jusqu’à affirmer que l’on doit quitter le bureau en meilleure santé qu’en y arrivant.

Un bureau simple. Dans la rue ou au travail, les revendications spatialisées se multiplient. Elles parlent de la difficulté à trouver une place dans un monde complexe. Au bureau, la remise en cause des espaces non attribués est continue. La satire décrit des individus errants à la recherche de places, de collègues ou de salles de réunion. Le digital joue un rôle important dans ce monde liquide. De nouveaux équipements individuels (PC et téléphone), partagés (batteries mobiles) ou intégrés (recharge par induction) améliorent la mobilité. Avec le déploiement de l’agilité, la question de l’affichage – et de l’appropriation – se repose. Au-delà de l’attribution, c’est la sédentarité et la mobilité dans l’espace qui doivent être repensées.

Un bureau plateforme. Les services à la demande transforment la vie en ville. Au bureau, cela se traduit par une revalorisation des espaces de services et par l’animation des sites. L’espace de travail se digitalise grâce à des applications rapprochant les ressources disponibles et les collaborateurs. Le collaborateur est autonomisé et évolue dans un environnement à la carte, qu’il se créé sur mesure. Les gestionnaires ne sont pas en reste : dès la conception, ils s’organisent pour analyser les usages de l’espace afin de l’exploiter au mieux selon les besoins réels. L’essor des mobiliers acoustiques autonomes flexibilise les aménagements pour répondre aux évolutions constantes des organisations.

Un bureau engagé. La prise de conscience environnementale se concrétise. Avec les lois ELAN et PACTE, l’État impose et suggère aux entreprises des actions RSE.  Celles-ci sont variées et vont d’une attention portée à l’origine des mobiliers, à la mise en place de ruches ou de services comme la livraison de paniers bio. Les capteurs mesurant la qualité de l’environnement de travail (air, acoustique, etc.) et les outils permettant de signaler les situations anormales ou de donner son avis se multiplient. Enfin, les entreprises mettent en place des outils de suivi de leurs actions ; que ce soit en termes de consommation d’énergie, de nombre d’impressions ou encore de tri et de recyclage des déchets.

 

[1] https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/04/salaries-pause-cafe_ifop.pdf

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