5 idées reçues sur le télétravail

Octobre 2020

Le système se généralise mais l'équilibre entre avantages et inconvénients doit être affiné. Le télétravail est-il devenu un non-sujet ? Depuis quelques mois et le début de la crise sanitaire, le travail à distance s'est imposé comme un nouveau marqueur fort de la vie en entreprise. Avec ses adeptes et ses opposants. Ce débat est d'autant plus exacerbé que le travail à distance fait encore souvent l'objet d'interprétations hasardeuses. Le groupe Kardham a identifié cinq idées sur le télétravail.

On est plus performant en télétravail.
Voilà la question qui agite bon nombre de dirigeants d'entreprises. « Naturellement, le travail à distance interroge la productivité mais, dans l'économie tertiaire, basée sur la valeur intellectuelle et l'échange d'informations, il est difficile de la mesurer autrement que par la productivité perçue », expose Jean-François Couëc, président de Kardham. Il rappelle aussi que la majorité des salariés interrogés dans les multiples enquêtes indiquent être performants en télétravail.
Selon le dirigeant, la question « performant-non performant » n'est pas bien posée car il s'agit plutôt de savoir quelles tâches sont compatibles avec le travail à distance. « Il semble que cela soit le cas pour les tâches individuelles mais moins pour les tâches collectives. » Un travail impliquant toute une équipe et demandant des échanges suivis sera donc plus difficile à conduire à distance.

 

Gare aux excès.
Le télétravail détruit la vie sociale. Sans voir ses collègues et sans aller sur son lieu de travail, la vie sociale se dissipe. « C'est sans doute vrai si le télétravail est exclusif mais dans les entreprises, les débats actuels sur le télétravail s'articulent autour de l'équilibre présentiel-distanciel et non sur un distanciel exclusif », commente Frédéric Miquel, directeur général associé de Kardham.
Actuellement, hormis quelques cas isolés, les salariés français sont appelés à se rendre sur site au moins deux ou trois jours par semaine, sauf pour certains métiers qui seraient considérés comme non compatibles. « Ce n'est donc pas le télétravail qui nuit à la vie sociale mais son excès. Il y a là de fortes disparités selon les individus, les cultures d'entreprise, les métiers », précise Frédéric Miquel.

 

On manage difficilement à distance.
Malgré la promotion de l'entreprise libérée dans laquelle domine l'horizontalité, le management reste pour partie un exercice de contrôle, sans que le mot soit péjoratif : le contrôle fait partie de l'encadrement. C'est le constat de Jean-François Couëc qui observe que « le management est possible à distance dans le sens où le contrôle du travail est envisageable ».
De son côté, le distanciel fait apparaître de nouvelles modalités d'encadrement managérial plus axé autour de l'objectif. « Seulement, il est certain que l'excès de télétravail nuit aux relations humaines et donc à la relation managériale, laquelle est aussi une affaire de liens humains de proximité. »

 

Autonomie et responsabilisation.
Le télétravail nuit à l'attachement à l'entreprise. Le travailleur nomade est une espèce en développement. Que ce soit chez eux, dans le train ou dans un tiers lieu, de nombreux salariés travaillent ailleurs que dans les locaux de l'entreprise. Le télétravail se développant, cette distanciation avec l'entreprise s'accélère.
« On peut alors craindre que le nomade se transforme en « errant » avec l'augmentation de son absence sur site, le détachant progressivement de son organisation, explique Frédéric Miquel. Ce qui ne semble pas être le cas avec un équilibre présentiel-distanciel. » Selon le DG de Kardham, un employeur qui autorise le télétravail envoie un message en faveur de l'autonomie et de la responsabilisation, facteurs potentiels d'attachement et d'engagement.

 

Le télétravail est propice à la concentration.
C'est l'un des principaux arguments des salariés, souligne d'abord Jean-François Couëc. « Face à la généralisation des espaces de travail ouverts, dans lesquels il semble plus difficile de se concentrer, le télétravail agirait comme régulateur permettant de trouver des moments propices à la concentration. »
Le président de Kardham ne nie pas cette réalité mais il observe que le télétravail aussi est propice aux sollicitations et aux interruptions d'ordre professionnelle et personnelle en raison de la multiplicité des canaux de communication : SMS, Teams, Zoom, courriel, appels téléphoniques, LinkedIn, Facebook, Instagram... Finalement, la surcharge cognitive est peut-être aussi lourde qu'au bureau.

 

Le télétravail présente donc des opportunités et des risques. La question centrale est donc la quantité de télétravail et la recherche d'un juste équilibre entre distanciel et présentiel.

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Article publié le 26 octobre 2020 dans Le Figaro.

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